Ce jour-là, le 14 juillet 1958, un coup d’État militaire rapide a ébranlé le royaume d’Irak et renversé le régime monarchique hachémite qui gouvernait le pays depuis sa création en 1921. Cet événement a été un tournant non seulement dans l’histoire de l’Irak, mais aussi dans celle de l’ensemble du monde arabe.

Comment la révolution a-t-elle commencé ?

Le coup d’État a été mené par l’organisation des Officiers libres de l’armée irakienne, dirigée notamment par Abdul Karim Qasim et Abdul Salam Arif. Cette organisation s’est fortement inspirée de la révolution du 23 juillet 1952 en Égypte et de l’idée du nationalisme arabe promue par Gamal Abdel Nasser.

L’occasion s’est présentée lorsque le gouvernement irakien a ordonné l’envoi de troupes militaires en Jordanie pour soutenir le royaume jordanien dans le contexte de la crise au Liban. Les Officiers libres ont exploité le mouvement de ces troupes : en route vers la Jordanie, les unités militaires se sont dirigées vers la capitale Bagdad à l’aube du 14 juillet.

Le renversement de la monarchie

Dès les premières heures du matin, les forces putschistes ont pris le contrôle du ministère de la Défense et du quartier général de l’armée. Elles ont ensuite encerclé le palais royal à Bagdad. Les affrontements ont entraîné la mort du roi Fayçal II et de sa famille, ainsi que celle du prince Abdul Ilah, régent précédent du trône.

Par la suite, Nouri Saïd, le Premier ministre, symbole de la politique pro-occidentale, a été exécuté. Nouri Saïd avait tenté de s’enfuir déguisé en femme, mais il a été découvert et tué le lendemain.

La proclamation de la République

Le même jour, la République d’Irak a été proclamée, et Abdul Karim Qasim a pris la tête du gouvernement et des forces armées. L’Union arabe hachémite entre l’Irak et la Jordanie a été dissoute, et l’Irak s’est retiré du pacte de Bagdad.

La révolution a entraîné des changements radicaux dans le système politique et économique, les privilèges étrangers ont été abolis, et des réformes agraires ont été mises en place en faveur des paysans.

Réactions arabes et internationales

La révolution a été largement accueillie avec enthousiasme dans les rues du monde arabe, où elle a été perçue comme une extension de la vague du nationalisme arabe. Cependant, elle a suscité l’inquiétude de l’Occident, en particulier de la Grande-Bretagne et des États-Unis, qui considéraient l’Irak comme un allié stratégique. Les États-Unis sont intervenus au Liban et la Grande-Bretagne en Jordanie pour empêcher l’extension de la révolution à ces pays.

Abdul Karim Qasim est resté au pouvoir jusqu’en 1963, date à laquelle un nouveau coup d’État mené par le parti Baas l’a renversé.

Questions fréquentes sur la révolution du 14 juillet

Quelles sont les causes de la révolution du 14 juillet 1958 ?

Les causes sont multiples, à la fois politiques et économiques : mécontentement face à la dépendance envers l’Occident, adhésion de l’Irak au pacte de Bagdad, corruption politique, influence du nationalisme arabe et répartition inégale des richesses.

Pourquoi la révolution du 14 juillet porte-t-elle ce nom ?

Elle porte ce nom en référence à la date de son déroulement, le 14 juillet 1958, jour où le système politique irakien est passé de la monarchie à la république.

Qui sont les dirigeants de la révolution du 14 juillet ?

Abdul Karim Qasim et Abdul Salam Arif sont les principaux dirigeants, aux côtés d’un groupe d’officiers libres de l’armée irakienne qui ont planifié et exécuté le coup d’État.

Combien de temps Abdul Karim Qasim est-il resté au pouvoir ?

Il est resté au pouvoir environ cinq ans, du 14 juillet 1958 au 8 février 1963, date à laquelle un coup d’État mené par le parti Baas l’a renversé.

Que s’est-il passé pour la famille royale après la révolution ?

Le roi Fayçal II, le prince Abdul Ilah et plusieurs membres de la famille royale ont été tués lors de l’assaut, mettant fin à la dynastie hachémite en Irak.

La révolution du 14 juillet 1958 reste l’un des événements les plus marquants de l’histoire moderne de l’Irak, ayant transformé le paysage politique du pays et influencé le cours du monde arabe pendant des décennies.