Ce jour-là, en 1964, un tribunal d’Afrique du Sud a rendu son verdict historique contre huit des plus grands militants du mouvement anti-apartheid, dont Nelson Mandela en tête. Ce jour marqua le début d’un parcours de prison de 27 ans, qui finit par forger la légende d’un combat pour la liberté ayant changé à jamais le visage du continent africain.

Le procès de Rivonia : un moment décisif de l’histoire

Ce que l’on connaît sous le nom de procès de Rivonia débuta le 9 octobre 1963, après une descente de police dans une ferme de Liliesleaf, dans la banlieue de Rivonia, près de Johannesburg. Ce lieu était un repaire secret de l’organisation Umkhonto we Sizwe (MK), la branche armée nouvellement créée du Congrès national africain (ANC).

La liste des accusés comptait des noms illustres : Nelson Mandela, Walter Sisulu, Govan Mbeki, Ahmed Kathrada, Denis Goldberg, Raymond Mhlaba, Elias Motsoaledi et Andrew Mlangeni. Tous comparurent devant le juge Quartus de Wet au palais de justice de Pretoria, accusés de conspiration et de sabotage dans le but de renverser le régime d’apartheid.

Le discours de Mandela : « Je suis prêt à mourir »

Le 20 avril 1964, Mandela prononça un discours historique depuis le box des accusés, un discours qui dura trois heures. Il y défendit la décision de l’ANC de passer de la résistance pacifique à la lutte armée contre le régime d’apartheid, expliquant que ce dernier avait fermé toutes les voies politiques aux Noirs.

Il conclut son allocution par des mots qui devinrent plus tard un slogan mondial : « Tout au long de ma vie, je me suis consacré à cette lutte. J’ai combattu la domination blanche, et j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre où tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel je vis et que je souhaite atteindre. Mais si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Le verdict : prison à perpétuité

Après neuf mois de procès, le 12 juin 1964, le juge Quartus de Wet rendit son verdict. Huit des accusés furent condamnés à la prison à perpétuité, tandis que Lionel Bernstein fut libéré faute de preuves suffisantes.

Mandela et ses compagnons furent envoyés à Robben Island, où ils passèrent de longues années dans des conditions difficiles. Pourtant, le procès ne brisa pas leur détermination, mais transforma les accusés en symboles mondiaux de la lutte pour la liberté et la justice.

De la prison à la présidence de la République

Après 27 ans de prison, Nelson Mandela fut libéré le 11 février 1990 par décision du président Frederik Willem de Klerk. Quelques années plus tard, en 1994, Mandela devint le premier président noir d’Afrique du Sud lors des premières élections démocratiques multiraciales de l’histoire du pays.

Le procès de Rivonia ne fut pas une fin, mais le début d’un parcours qui transforma Mandela d’un militant en une légende mondiale. Aujourd’hui, le 12 juin est commémoré chaque année comme l’anniversaire d’un moment qui fit de la phrase de Mandela « Je suis prêt à mourir » un symbole pour tous ceux qui luttent pour la liberté et la dignité humaine.