Le 12 juin 1991 : Boris Eltsine — premier président élu de la Russie

Le 12 juin 1991, le « grand vote » comme certains observateurs aimaient à le qualifier — ce jour-là, 107 millions de Russes se sont rendus aux urnes pour élire le premier président démocratiquement élu de la République socialiste fédérative de Russie. Le vainqueur était plus qu’un simple vainqueur : le politicien impitoyable Boris Eltsine.

L’année où l’Histoire s’est arrêtée

L’année 1991 n’était pas une année ordinaire. Ce fut l’année de l’effondrement colossal, l’année où les forces anti-communistes ont commencé à revendiquer leurs droits. Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant de l’Union soviétique, a tout fait pour préserver l’État, mais la « Russie » en tant qu’entité indépendante avait déjà décidé de suivre sa propre voie.

Le 17 mars 1991, le peuple russe a approuvé par référendum la création du poste de président de la République et son élection directe. Et le 4 avril, le « Congrès des députés du peuple » a décidé d’organiser les élections le 12 juin.

Résultats des élections — une victoire écrasante

Les élections n’étaient pas limitées à Eltsine, il avait des concurrents :

Boris Eltsine (indépendant) : 57,3 %
Nikolaï Ryjkov (Parti communiste) : 16,9 %
Vladimir Jirinovski (libéral-démocrate) : 7,8 %
Aman Toulaïev (indépendant) : 6,8 %

Avec cette victoire, quatre-vingt-quinze millions de Russes — 74,7 % des électeurs — ont participé à une étape historique rendue possible par la volonté populaire d’Eltsine.

Après la victoire — un succès éphémère ou un effondrement rapide ?

La victoire et l’intronisation d’Eltsine à la tête de la Russie étaient une légitimité qui n’aurait été possible que par un tsar, mais ses promesses de campagne n’ont pas répondu aux attentes de beaucoup.

Moins de quatre mois après sa victoire, en août 1991, Eltsine a été confronté à son plus grand défi : une tentative de coup d’État ratée menée par des secteurs de l’armée soviétique cherchant à rétablir le régime militaire, mais il a échoué à convaincre ses alliés, au minimum.

Le 8 décembre 1991, l’accord de « Belaveja » a été signé avec Leonid Kravtchouk (Ukraine) et Stanislav Chouchkievitch (Biélorussie), qui a conduit à la dissolution de l’Union soviétique.

Que s’est-il passé ensuite ?

Le 25 décembre 1991, soit moins de six mois après son élection, Gorbatchev a annoncé la dissolution de l’Union soviétique. Le vide laissé par le départ de cette superpuissance a déclenché des événements politiques qui secouent encore le monde aujourd’hui.

Par la suite, Eltsine a tenté de transformer la Russie en un État démocratique moderne, mais il a échoué à faire face à la corruption et à la hausse des prix, et a finalement démissionné le 31 décembre 1999.

Conclusion — l’Histoire s’écrit d’elle-même

Les élections du 12 juin 1991 ont marqué un tournant où la Russie est entrée dans une nouvelle ère. Ce jour-là, Eltsine n’était pas seulement le premier président démocratiquement élu, mais aussi l’étincelle qui a provoqué l’effondrement d’une puissance exceptionnelle que « personne n’aurait cru possible », comme l’a dit Gorbatchev.